
A six ans, je pensais, je m'en
Souviens très bien,
Que tout était vieux sitôt les dix ans atteint.
Mais lorsque furent mes dix ans
Bien sonnés,
C'est à quinze ans que je voyais la maturité.
Puis, longtemps après, lorsque
J'attrapais mes quinze ans,
Je croyais qu'on était vieux à vingt et un ans seulement.
Mais lorsque je pus bientôt arriver à cet âge,
J'opinais qu'à trente ans on devais devenir sage.
Puis une fois rendu à trente ans, c'est curieux,
Je disais : C'est à quarante ans qu'on devient vieux.
Mais la quarantaine vint et, tout fringuant :
Alors, me dis-je : Ça doit être à cinquante ans?
Puis, arrivé à cet âge, je résolus
Qu'on était jeune jusqu'à soixante ans révolus.
Mais voici que j'en ai soixante-dix ans,
Et me trouve aussi jeune qu'à sept quasiment.
Bien sûr, mes cheveux sont un tantinet gris,
Et je marche un peu courbé aussi.
Il est vrai que mes garnements, suivant mes pas.
Me disent parfois :
Dépêche-toi, grand-papa!
Malgré tout, je suis aussi jeune maintenant,
Qu'aux jours où je croyais les gens vieux à dix ans.
Un peu assagi, peut-être par les années,
Et peut-être quelques illusions envolées,
Malgré le poids des ans, dis-moi, ô mon Dieu,
Quand est-ce donc qu'on devient vraiment vieux?
Auteur : Inconnu

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