Comme cette eau de la montagne
Comme cette eau vouée aux sables du désert
Et que les grands troupeaux dédaignent
Comme cette eau où jamais visage
N'aperçut autre visage
Comme cette eau où une herbe s'en va
Où se déchire un voile
Où se noie une abeille
Mais comme cette eau où s'éveille un galet
Où chante une source
Où se berce une étoile
Comme cette eau où danse la main nue
D'une femme qui rêve
Ayant cassé sa cruche dénoué ses cheveux
Endormi son enfant près d'un grand feu de bois
Navigue navigue vers la mer
Où un aveugle cherche ses yeux
Mais comme cette eau où un aveugle voit
Comme cette eau qui s'arrête soudain
Entre deux pierres
Et renverse le ciel
Comme cette eau qui est ma plus belle encre
Celle qu'on ne voit pas
Mon plus beau poème
Celui que l'on devine
Tu es
Ma plus belle
Ecriture.
(Extrait de Barkhanes de la nuit)