Il était une fois un grand homme
qui épousa la femme de ses rêves.
De cet amour naquit une petite fille.
Quand elle était toute petite,
le grand homme la soulevait de terre,
chantait un air et dansait avec elle
autour de la pièce, et il
lui disait : Je t'aime, petite fille.

Quand la petite fille atteignit l'âge
de dix ans, le grand homme la prenait
encore dans ses bras et lui disait :
Je t'aime, petite fille. Mais la petite
fille faisait la moue et disait :
Je ne suis plus une petite fille.
Alors l'homme riait et disait :
Pour moi, tu seras toujours ma petite fille.

La petite fille qui n'était plus une
petite fille quitta la maison pour
aller vivre sa vie. Plus elle apprenait
à se connaître elle-même, plus elle
apprenait à connaître cet homme.
L'une de ses forces était la capacité
d'exprimer son amour à sa famille.
Peu importe où elle allait dans le monde,
le grand homme l'appelait et lui disait :
Je t'aime, petite fille.

Le jour vint où la petite fille qui
n'était plus une petite fille reçut
un coup de téléphone. Le grand homme
était mal en point. Il avait eu
une crise cardiaque. Il ne pouvait
plus sourire, rire, marcher, prendre
quelqu'un dans ses bras,
danser ou dire à la petite fille
qui n'était plus une petite fille
qu'il l'aimait.

Aussi s'est-elle rendue au chevet du grand homme.
Quand elle entra dans la chambre,
elle vit qu'il avait l'air petit
et pas fort du tout. Il la regarda
et tenta de lui parler, mais
il en était incapable.

La petite fille fit la seule chose
qu'elle pouvait faire. Elle grimpa
sur le lit à côté du grand homme.
Des larmes coulèrent de leurs yeux
quand elle mit ses bras autour des
épaules désormais inutiles de son père.

La tête contre sa poitrine,
elle pensa à plusieurs choses.
Elle se souvint des moments magnifiques
qu'ils avaient vécus ensemble et comment
elle s'était toujours sentie protégée
et aimée par le grand homme.
Elle pensa à la peine qu'elle éprouverait,
aux mots d'amour qui l'avaient
réconforté et qu'elle n'entendrait plus.

Et alors elle entendit, venant
de l'intérieur de l'homme, le battement
de son cœur. Le cœur battait
régulièrement et sans s'inquiéter
des blessures dont souffrait le reste du corps.
Et pendant qu'elle se reposait là,
il se produisit quelque chose de magique.
Elle entendit ce qu'elle avait besoin d'entendre.

Le cœur de son père scandait les mots
que sa bouche ne pouvait plus prononcer…
.Je t'aime, petite fille……
Je t'aime, petite fille………
Je t'aime petite fille……et elle fut réconfortée.

Par : Patty Hansen