Un Sans Abris prend la parole.



J'écris ici au nom de tous les Sans Abris de la terre.

Je suis le Sans Abris que vous croisez chaque jour dans les rues
et que vous ne voyez pas. Moi, je vous ai vu passé avec vos cadeaux
de Noël, souriant, heureux, car vous pensiez aux plaisir que vous
auriez à déballer ces jolies cadeaux et à manger toute cette nourriture
délicieuse. J'aimerais être comme vous heureux, souriant, mais j'ai
trop faim et trop froid. Je vous tends une main tremblante et
rugueuse pour quêter quelques sous pour me payer un café ou une
soupe bien chaude, mais personne ne me prête attention. Je suis
personne, je suis invisible, vous détournez les yeux pour ne pas me voir.

Je n'ai pas choisi de devenir un sans abris, la société à fait de
moi un sans abris. Je travaillais comme la plupart d'entre vous,
et un jour on a fermé mon usine pour une question de gros sous.
Je me suis retrouvé sans travail, alors le chômage est venu, ensuite
l'aide sociale, mais j'avais si peu d'aide sociale, que le propriétaire
de mon taudis m'a mis à la porte. Depuis ce temps je suis le mendiant,
le quêteux, l'errant, le sans abris, peu importe le nom, je n'ai pas
voulu cela. Je ne suis pas un alcoolique, je n'ai jamais bu de ma vie,
donc l'alcool n'a rien à voir avec ce que je suis devenu.

La plupart des gens évitent de me regarder. Peut-être qu'ils ont peur
de finir comme moi, ou peut-être qu'ils n'ont pas fait ce qu'ils
auraient dû faire pour nous les sans abris quand il était encore
temps. Il reste encore des gens généreux, et il y a encore heureusement
des gens aux grands cœurs sur cette planète de misère et de haine.
Il y a des gens biens, des gens merveilleux qui rendent les personnes
comme moi les sans abris heureux. Mon cœur ce soir pleure moins,
car je sais que dans un certain coin du monde il y a encore des
personnes aux cœurs tendres et généreux. Merci, à ces personnes
d'être là pour un vieux cœur solitaire.

Cela fait chaud au cœur de savoir que des personnes charitables
existent dans ce monde égoïste. Une personne charitable m'a offert
du travail, mais je n'ai pas pu accepter. Je ne suis pas paresseux,
oh non; mais comme je suis un vieux errant de la rue, mon premier
devoir est d'aider les autres sans abris, à avoir une vie un peu plus
confortable. C'est un travail à plein temps car si vous pouviez
imaginer le nombre de sans abris qu'il y a dans les grandes villes de
ce monde, cela vous donneraient des frissons. Voyez-vous les sans abris
sont de plus en plus jeunes, alors les vieux sans abris comme moi,
aidons les jeunes à améliorer leurs sors et à essayer de les sortir
de leur misère du mieux que nous le pouvons.

Ici j'aimerais au nom de tous les sans abris de la terre faire des
revendications, auprès de certaines autorités qui sont responsables
de ce que nous sommes devenus.

1- Vous les évêques, les prêtres, pourquoi avoir verrouillé les
portes de la maison de Dieu, jour et nuit? Vous ouvrez ces portes
uniquement pour des occasions spéciales. N'avez vous jamais
pensez que des personnes; pas uniquement les sans abris, aimeraient
aller prier dans la journée dans la maison de Dieu.

Les églises nous appartiennent et vous nous interdisez d'y pénétrer
pour aller nous entretenir avec Dieu notre Père. Vous avez fermé
les portes de la Maison de Dieu, de peur de vous faire voler,
mais n'avez-vous pas fait vœux de pauvreté? Alors pourquoi tant de
richesse dans nos églises et tant de pauvreté chez vos fidèles?

Dans mon jeune temps, on pouvait entrer à l'église quand on voulait, plus maintenant on nous impose des heures qui parfois ne nous conviennent pas. Nous les errants de la rue avons parfois besoin de parler avec Dieu dans sa demeure, mais nous nous frappons à une porte verrouillée. Ce n'est pas Dieu qui a voulu cela, mais vous le clergé qui avez décidé pour Dieu et vous n'êtes pas Dieu. Vous n'aviez pas le droit de fermer la maison de Dieu à ses enfants chéris. Quand nous regardons nos églises aujourd'hui, c'est avec le cœur serré, car la maison des pauvres n'est plus leur maison.

Nous les plus âgés de la rue, on ne peut plus demander aux jeunes errants de la rue de venir avec nous dans la maison qui devrait nous appartenir, puisque ces portes sont fermées pour nous, pour vous et tous les gens qui aimeraient parler avec Dieu dans sa Maison.

Vous les évêques, les prêtres, rendez nous notre maison pour qu'on puisse pas seulement se réchauffer, mais surtout aller chercher réconfort que notre Père et notre mère Marie peuvent nous offrir. Ce que vous faites n'est pas de la charité chrétienne, mais la peur de vous faire dérober des biens terrestres que personne n'emportera au Paradis.

Le sans abris que je suis, vous dit à vous le clergé : Faites votre examen de conscience.

2- Nous vivons dans un monde plein de richesse et pourtant nous sommes en 2003 et il y a encore des gens qui meurent de faim, de froid dans un pays comme le nôtre. C'est vraiment impensable ce genre de chose.

Je suis le sans abris que vous les Gouvernements, vous les dirigeants laissé de côté. Je suis le sans abris qui réclame son dû auprès de vous les dirigeants. Arrêtez de donner l'argent durement gagné par les travailleurs, à un pays en particulier qui ne cherche que de faire la guerre. Occupez-vous de vos pauvres, pas seulement des sans abris, mais aussi de ceux qui vivent dans des taudis insalubres, parce qu'ils ne peuvent pas se payer quelque chose de mieux.

Construisez des logements pour les démunis a des prix abordables, construisez des refuges pour nous les sans abris, aidez nos jeunes à se sortir des rues, au lieu de donner notre argent pour faire la guerre. Ceux qui vous ont élus, vous faisait confiance alors soyez pour une fois dans votre vie digne de cette confiance et rendez nous notre dignité d'être humain.

3- Je dors auprès des bouches de métro pour me réchauffer. Je fouille dans les poubelles des restaurants pour me nourrir. Parfois la nuit je me promène dans les rues de la ville; je vois des jeunes entre 12 et 17 ans, se droguer, s'enivrer, se prostituer, moi qui suis vieux cela me fait mal de voir cette belle jeunesse se détruire. Vous les gens riches qu'attendez-vous pour faire aussi votre part? Faites en sorte que cela change, car qui sait un jour se sera peut-être un de vos parents ou un de vos enfants qui vivront dans les rues. Ne regardez plus les sans abris avec dédain, regardez-les comme des êtres humains que la vie n'a pas choyé. On n'a pas choisi d'être sans abris, la société égoïste à fait de nous des sans abris.

Le sans abris que je suis ne vous demande pas de donner tout votre argent aux pauvres, seulement de partager, d'aider et de donner aux œuvres de charité qui aident les démunis.

Je suis le sans abris qui a froid, qui a faim, mais voyez en moi, sous mes vêtements déchirés, sous ma saleté corporelle, un être humain à part entière, avec un cœur et une âme comme vous. Voyez en moi un enfant de Dieu comme vous. Voyez en moi un être qui souffre et qui désire être aimé.

En terminant je vous cite une parole de Jésus :
Heureux les pauvres car un jour ils verront le Royaume des Cieux.
Réfléchissez à cela, les dirigeants de notre pays, le clergé et les riches.
Merci de m'avoir lu et excusez les fautes d'orthographe car je ne suis qu'un sans abris.

Signé : Le Sans Abris

Ce texte a été écris en décembre 2003. Je trouve qu'il est toujours d'actualité.

Karjoc