La vie est faite de rêves.
Dès qu'on commence à rêver, on espère
que nos rêves se réaliseront.
Nous en réalisons quelques uns parfois
et parfois on ne peut les réaliser.

Comme vous tous j'ai fait beaucoup de
rêves dans ma vie, mais hélas peut
se sont réalisés. Dernièrement
j'avais caressé un grand rêve,
celui de me libérer, celui de devenir
autonome, de me débrouiller par moi même,
rendu à mon âge ce rêve j'y tenais beaucoup,
c'était mon dernière rêve.
Je voulais me prouver à moi-même qu'en tant
que paraplégique je pouvais vivre seule
en appartement et me débrouiller seule,
mais encore une fois ce rêve est tombé
à l'eau comme tous les autres rêves.

A 54 ans, je croyais que le bonheur
et la chance seraient encore possible,
il faut croire que ce n'était pas pour moi.
Le rêve s'est évanouit en l'espace
de quelques heures.

Mon beau rêve de liberté, de voler
de mes propres ailes, tout cela est parti en fumée.
Je me dis maintenant : à quoi bon
avoir des rêves, même les plus minimes,
puisqu'on ne peut pas les réaliser.
C'est fini, je ne rêverais plus,
car cela fait trop mal,
quand on est déçu à chaque fois.

Pourtant je ne demandais pas l'impossible,
je demandais un peu d'amitié, un peu d'amour,
de la liberté et de l'autonomie,
ce sont des choses bien naturelles cela,
mais ce n'était pas pour moi.
La vie est cruelle pour bien des personnes
et parfois on dirait qu'elle s'acharne
davantage sur certaines personnes,
et c'est ainsi que je me sens.
La vie ne m'aime pas, alors pourquoi
devrais-je aimer la vie? Pourquoi
devrais-je me raccrocher à une vie qui me
déçoit continuellement?

Mon dernier rêve est brisé en mille miettes,
il ne me reste que mes yeux pour pleurer.
La vie ne vaut pas la peine d'être vécue,
non elle n'en vaut plus la peine maintenant.

Karjoc 2003