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Cet hommage je le fais en mémoire d'un monsieur que j'ai connu pendant quelques années et qui m'a beaucoup impressionnée par ses récits et sa sensibilité. Ce monsieur s'appelait Louis-Philippe Fournier, décédé le 11 août 2004 à l'âge de 87 ans.
J'ai connu M. Fournier en août 1999, la première fois qu'il m'a vu, il s'est mis à pleurer. Je m'en souviens comme si c'était hier. Il est venu me rejoindre dans la chambre et a pointé mon fauteuil roulant du doigt et m'a dit : J'ai vu des amis et des camarades pendant la guerre de 39-45, revenir au Canada en fauteuil roulant. Je savais que M. Fournier avait fait la guerre, et qu'il faisait un peu d'Alzheimer, mais j'ignorais que ces souvenirs de guerre étaient aussi précis.
Au fil des années j'ai appris à connaître cet homme au grand cœur. J'aimais l'écouter parler de la guerre et souvent je voyais des larmes dans ses yeux. La guerre l'avait profondément marqué, mais n'avait pas fait de lui un homme amer, au contraire il aimait la vie. Il était sergent pendant la guerre et son capitaine le surnommait : Le petit Sergent Fournier, petit de taille mais grand dans son devoir de soldat et sa loyauté envers son pays. C'était un homme très sensible. Il vivait avec sa fille et son fils. Il adorait taquiner son fils, c'était un homme taquin.
La maison de M. Fournier, sa fille l'a rénovée depuis qu'elle lui appartient.
Il avait une manière très spéciale pour raconter les choses, quand il racontait son enfance, on imaginait facilement ce qu'il disait. Souvent il m'a parlé de ses frères et sœurs, son enfance, sa jeunesse. Puis quand il est parti pour la guerre, son frère lui a présenté une marraine de guerre, il correspondait avec elle et quand il est revenu de la guerre il à épousé cette jeune femme. Ils ont eu 6 enfants, maintenant il en reste 5 puisque l'un des fils est décédé. Cet homme malgré son âge quand je l'ai connu, marchait encore bien droit et j'aimais quand il se mettait au garde à vous et me faisait le salut militaire. Il n'avait pas oublié cela. Il m'a aussi montré les nombreuses médailles qu'il avait eues à la guerre et la blessure qu'il avait eue au bras 2 semaines avant que la guerre se termine.
Sa fille avait un collie, nommé Rambo, M. Fournier l'appelait son Petit Chien, tous les jours il allait faire une promenade avec lui.
M. Fournier avec son petit chien Rambo.
Il adorait son Rambo. M. Fournier était un homme de l'extérieur, il aimait la nature, ses enfants ont souvent été à la pêche avec lui. Ils étaient très proches de leur père et ils avaient raison, ils avaient un bon père. En 2001, j'étais là quand il a fait un ACV, j'ai vu un homme changé du jour au lendemain, de l'homme actif que j'avais connu, j'ai vu un homme qui restait assis des heures, les yeux dans le vide. Sa fille et moi devions lui faire penser de boire, car il n'y pensait plus lui-même, puis il a commencé à paralyser sur un côté du visage et à s'étouffer quand il mangeait. Il a été transporté à l'hôpital et ensuite dans une maison pour personnes âgées, car il n'était plus autonome pour continuer à vivre chez sa fille qui travaillait.
L'endroit ou il vivait au moment de son décès.
Je suis allée le voir souvent au foyer pour personnes âgées, et ce n'était plus le M. Fournier que j'avais connu. Il ne jasait plus, il était absent. C'était difficile de voir cet homme qui était autrefois plein de vivacité et de le voir ainsi, inerte. Parfois il reconnaissait sa fille et des fois il disait que c'était, sa sœur. Ce qui m'a le plus marqué, en août de la même année, sa fille et moi lui avons amené Rambo, son Petit Chien, dès qu'il a vu Rambo, il s'est penché vers lui, les yeux pleins de larmes et à dit : Si ce n'est pas mon Petit Chien, il l'avait reconnu immédiatement. J'avais envie de pleurer quand j'ai vu cela. Tout le temps que nous avons été là, il n'a pas laissé Rambo, il le gardait auprès de lui. Ce fut la dernière fois qu'il a vu Rambo.
En août 2002, sa fille lui avait amené son nouveau chien : Kovak, mais M. Fournier ne s'est pas occupé du chien, il savait que ce n'était pas son Petit Chien.
Regardez bien, M. Fournier ne s'intéresse pas au chien, il savait que ce n'étais pas son Rambo.
Il adorait les animaux, mais son Rambo avait été très spécial dans sa vie, et il n'a jamais su que son vieux Rambo était décédé.
Je garde un beau souvenir de cet homme qui aimait la vie, qui avait le sens de l'humour, qui était toujours là pour aider ses enfants et ses amis. Je pourrais vous parler de cet homme pendant des heures, car je l'admirais énormément, pour son courage et sa force de caractère. Il avait vu la mort de près bien souvent pendant la guerre, c'est peut-être pour cela qu'il aimait tellement la vie et profitait de chaque parcelle de cette vie. C'était un homme sportif, il adorait la pêche, les quilles, la marche, etc.............
J'ai eu du chagrin quand j'ai appris son décès, car j'adorais bavarder avec lui quand sa fille travaillait et que j'étais seule avec lui. Ses enfants peuvent être fiers de leur père et je suis certaine qu'il a laissé à chacun un très beau souvenir de lui. Il était généreux, attentif, et sa famille était toute pour lui.
M. Fournier, la marque que vous avez laissé sur terre, vos enfants s'en souviendront toujours et vous leur manquer beaucoup. De là-haut, veillez sur chacun d'eux, et faites en sorte que chacun et chacune trouvent le bonheur. Vous étiez petit de taille, mais un grand homme dans le cœur. Je vous salue M. Fournier, oui je vous fais un salut militaire, comme vous aimiez en faire.
Karjoc ©

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